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L'atelier fonctionne toute l'année sur des créneaux horaires qui permettent une mobilité aux élèves qui ont des contraintes horaires particulières : l'inscription au trimestre offre la possibilité de  s'organiser afin de pouvoir bénéficier librement de cette activité.

   Les cours de dessin accueillent les adultes et les enfants (à partir de 8 ans), sur les mêmes créneaux horaires, qu'ils soient débutants ou confirmés, sans distinction, l'échange sur des approches et des regards différents contribue à l'apprentissage et permet à chacun de découvrir des mondes créatifs nouveaux.

   Dans cet atelier, nous travaillons différentes techniques : fusain, sanguine, crayon, pastels, encre, ainsi que différentes thématiques : croquis,  paysages, portraits, natures mortes, carnets de voyage, modèles vivants. Toutes les créations sont personnalisées et choisies librement par les élèves.

Les projets et la progression sont décidés en fonction des souhaits exprimés par les élèves. L'écoute et la disponibilité font partie de nos engagements, pour vous aider à progresser et faire en sorte que le moment du cours de dessin soit avant tout un moment de plaisir et de lâcher prise.

L'ambiance des cours est bienveillante, conviviale et décontractée afin de vous apporter une bouffée d'oxygène hebdomadaire

 

 
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Le cours de dessin l'Art et le Geste
situé 40 avenue du Languedoc à Moissac 
propose des cours de dessin tout au long de l'année accessibles
à tous publics et adaptés à chacun :
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Le fusain, vous connaissez ?

L'atelier l'Art et le Geste vous propose de débuter vos dessins par la méthode du fusain. Cette méthode facile est un bon moyen de progresser : ça va vite, ça s'efface au chiffon, ça permet d'obtenir facilement des beaux noirs et des jolies valeurs de gris, et c'est naturel puisque c'est du bois brûlé...
 

DES RÉALISATIONS DE NOS ÉLÈVES A MOISSAC

Fusain, graphite, pierre noire, sanguine
 

QUELQUES CRÉATIONS D'ÉLÈVES EN TECHNIQUES VARIÉES

 
 
Merci à Maryaline, Véronique, Sonia, Luca, Sophie, Christiane, Maylis, David, Cathy, Marie Françoise, Marie Paule, Geneviève(s), Carole, Monique, Jean-Baptiste, Sébastien,Tristan, Cédric, Véronique, Florence, Cléo, Sarah, Sandrine, Clara, François, Damien, Alexandra, Ophélie, Claire, Aimé, Clémentine, Laure, Saber, Solange, Fabienne, Delphine, Camille, Véronique, Janine, Cécile, Annette, Danièle, Drystan, Romane, Olivier,Fanny, François, Mickaël, Aimé, Annie, et ceux ou celles qui nous rejoindrons pour leur investissement et les travaux effectués qui permettent d'enrichir ce site.
 
FACILE ET POUR TOUS
Les cours de dessin de l'atelier l'Art et le Geste sont accessibles à tous quelque soit votre niveau en dessin. Alors découvrez ou redécouvrez le plaisir du dessin : l' atelier vous propose un suivi personnalisé au sein d'un petit groupe de 5 à 10 personnes ce qui permet une évolution progressive adaptée au rythme de chacun.
Les travaux sont réalisés en techniques sèches : crayon, fusain, sanguine, pastels, ou humides (lavis monochromes ou colorés), ect...  
Cette pédagogie individualisée vous permet de vous inscrire quand vous le souhaitez durant l'année.
 

L ATELIER ... LES ANIMATEURS

ANIMATEURS
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VERONIQUE
2013 - Diplôme Universitaire d'Arthérapie - Université Paul Sabatier Toulouse.
2003 - Création de l'association l'Art et le Geste
1983 - Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris 
1980 - Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Nice.


L'ATELIER
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Daniel et Véronique vous recevrons dans un grand atelier lumineux donnant sur le jardin.

Vous pourrez garer votre voiture à l'extérieur sans problème, votre vélo à l'intérieur du jardin ou venir à pied du centre ville en quinze minutes si vous le souhaitez. 

A bientôt !

 
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DANIEL
Architecte - urbaniste - designer
1984 - Sciences-Po - Paris/Fondation des Villes: Urbanisme & Aménagement du Territoire
1985 - DEA: Le bois dans la construction
1984 - DPLG à L'Unité Pédagogique d'Architecture N°7 - Paris
1976 - DSBEA aux Beaux-Arts de Valenciennes
LE LIEU
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  40 avenue du Languedoc
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MOISSAC
France
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ARTICLES ET ACTUALITÉS

 

Le dessin à travers les âges : mémoire D.U. d' Arthérapie

05/12/2018 08:00:00
LE DESSIN CREATION OU RECREATION ?

« Le dessin n’est l’apanage d’aucune forme de création particulière. Il est un moyen d’expression commun à tous les créateurs, toutes disciplines confondues. C’est ce qui fait sa spécificité.

Le dessin n’est l’apanage d’aucune sorte de technique particulière. Il est le vecteur d’une pensée qui s’informe dans la matérialité la plus juste pour se dire. C’est ce qui fait sa nature.

Le dessin n’est l’apanage d’aucune espèce de culture particulière. Il est un langage universel que partagent tous les peuples, par-delà leur histoire. C’est ce qui fait son identité.

Un ouvrage n’est dessin qu’en raison de son caractère graphique. Au point même où, quels que soient le support, le procédé ou le format employés, tant qu’il conserve ce caractère, il doit être considéré comme tel.

Un dessin est un tout constitué et absolu, qui ne doit rien qu’à lui-même, à son espace propre.
Le dessin signe l’artiste. Il le scelle. »
 
Philippe Piguet, critique d’art - Conférencier et professeur d’histoire de l’art À l’Institut Supérieur des Carrières Artistiques (ICART, Ecoles Denis Huisman, Paris)


I / Les origines mythologiques du dessin:
 
Dans la Grèce antique, Dibutade la fille de Boutadès, potier de Sicyone, voulant garder un souvenir de son amant qui doit partir au combat, eut l'idée de tracer sur un mur l'ombre portée de son profil éclairé par une lampe.
Avec un morceau de charbon, elle traça le profil projeté par l’ombre de son aimé sur un rocher : elle venait d’inventer le dessin.[1]
Ce mythe qui met en exergue la fonction mémoire retraduite par la main a inspiré de nombreux peintres jusqu’à l’époque moderne. Ce contour célèbre a longtemps été regardé comme le père de la Plastique, de la Peinture, de la Sculpture, et généralement de tous les Arts qui dépendent du trait.


II / Le dessin dans l'histoire :

Le dessin se définit comme : "La représentation ou la suggestion d'objets sur une surface à l'aide de moyens graphiques»[2],
il peut être synonyme de représentation rapide, inachevée : croquis, ébauche, esquisse, schéma, gribouillage, griffonnage, voire même tatouage, par analogie il évoque "l'aspect linéaire et décoratif des formes naturelles : contour, figure, forme, ligne..."[3]

Le mot s’est écrit « dessein » ou dessin (y voir la notion d’intention, de projet) jusqu’au XVIIe siècle.

"Le signe tracé à la main peut avoir une valeur expressive aussi bien pour l'homme primitif que pour l'enfant qui réussit en quelques traits à exprimer des concepts comme maison, homme, fleur, soleil..."[4]

L’histoire du dessin va évoluer avec celle des outils : des hommes préhistoriques qui utilisent roches, parois et pigments, il progressera avec la découverte du parchemin et du papier, avec le passage du roseau à la plume. L’Orient utilise le pinceau, les romains, les pointes de métal, puis ce sera la découverte du graphite et la création du crayon.

Les anciens qualifient le dessin « base de tous les autres arts ». Dessin servant de contour à une peinture ou dessin pur qui se suffit à lui-même seront deux alternatives entre lesquelles le artistes vont osciller au hasard des découvertes technique, des conditions politiques et économiques et des courants religieux qui domineront la société pendant des siècles.

La préhistoire :

Les dessins les plus anciens remontent à environ 30 000 ans. Parmi ces tous premiers dessins on compte la représentation de la main de l'homme sans aucun doute réalisée à partir de son ombre projetée[5].
Il ne faut pas croire que tous les hommes préhistoriques dessinaient, seuls quelques uns d'entre eux avaient cette capacité ce qui leur conférait probablement des pouvoirs magiques.

Il s'agissait d'évoquer, de suggérer l'image de l'animal que le clan souhaitait chasser au moyens de sa représentation graphique qui permettait déjà une "capture" virtuelle de l'objet convoité. A cette époque les dessins se font remarquer par leur réalisme[6].

Par la suite au fur et à mesure que l'homme domine mieux la nature, les formes vont se schématiser et tendre vers des figures simplifiées permettant une écriture symbolique et ce dans toutes les civilisations.

Celle-ci est rendue possible par le fait que notre mémoire n'enregistre que la forme globale, la plus significative du sujet regardé ce qui explique qu'une simple tache soit évocatrice d'un objet réel.

Cette évolution vers le dessin symbolique permettra par la suite le passage à l'écriture (premiers alphabets dits pictographiques, alphabet chinois encore aujourd'hui)[7].
Laquelle fait appel à l'imaginaire et à la mémoire pour reconstituer l'objet qui n'est plus représenté mais décrit, nécessitant une opération mentale supplémentaire par la nécessité de décoder le message qui était perçu directement par l'intermédiaire du dessin.

Ce passage à l'écriture marque le passage de la préhistoire à l'histoire, environ 3000 ans avant J.-C, notamment en Chine, en Egypte et en Mésopotamie. Le papyrus fut probablement inventé il y a 5 000 ans, fabriqué à partir des fibres d’un roseau à grosse tige et il fut pendant presque 3 millénaires le principal support des textes antiques et du dessin. L’instrument était le calame, plume taillée dans une tige de roseau.

En Egypte, le culte des morts prône que le défunt sera préservé pour sa vie dans l’au-delà si son image se trouve à ses côtés, ce qui attribue toujours à la représentation une vertu magique[8],
ce n’est que grâce au développement de la civilisation hellénique à partir de la seconde moitié du VII e siècle avant J.-C, que l’œuvre d’art acquière une valeur propre.

L’évolution des représentations se fait en même temps que celle des mentalités. Au dessin égyptien normé, à partir de 440 avant J.-C, les grecs feront succéder des dessins plus naturels vecteurs d’émotion, utilisant la perspective car ils
commencent à s’affranchir des traditions. Les découvertes faites à Pompéi montrent que les artistes de l’antiquité maitrisaient parfaitement les bases du dessin telles que la composition, la perspective, le modelé[9].

Ce haut niveau de l’art figuratif grec sera imité par leurs conquérants romains.

Les romains pratiquent l’incision sur parchemin ou papier teintés, procédé de dessin le plus ancien qui utilise des pointes d’or, d’argent ou de plomb. Elle est réalisée sur des parchemins recouverts d’un enduit (os, gomme arabique,
pigments colorés), c’est la « carta tinta ». Le parchemin est plus pratique et beaucoup moins fragile que le papyrus et il finit par le remplacer entre le deuxième et le quatrième siècle. Il est fabriqué à partir de peaux de chèvres, de moutons, de porcs, ânes ou de veaux, on l’appelle dans ce cas vélin.

L’histoire du dessin s’interrompt jusqu’au moyen âge car tout ce qui évoquait le paganisme a alors été détruit. Les premiers chrétiens d’Orient refusèrent de représenter la figure humaine, ainsi que celle de Dieu de peur de tomber dans l’idolâtrie.

Le Moyen Age

Le Moyen Age est marqué par le mysticisme médiéval et la superstition. Les byzantins qui avaient résistés aux invasions barbares possédaient encore des artistes figuratifs que l’église utilisa pour réaliser des images saintes dans le but d’éduquer les populations analphabètes. L’art fut donc à nouveau au service de la religion, malgré des tendances iconoclastes de certains papes, cette pratique perdura du VIe au XIIe siècle. L'interdiction de l'image (respectée par le judaïsme, reprise par l'lslam) n'est pas adoptée par le christianisme pour lequel l'image à le pouvoir de rapprocher les textes fondateurs des nombreux illettrés. 

Au moyen âge on distingue les sept arts libéraux qui sont considérés comme l’ensemble des connaissances que l’homme peut acquérir. Au-dessus de ces sept arts s'élevait la philosophie dont ils dépendaient tous.[10]
Chaque art possédait une représentation symbolique. Ils se divisaient en trivium et quadrivium (trois et quatre voies), qui comprenaient d’un côté : grammaire, rhétorique et dialectique et de l’autre arithmétique, géométrie, astronomie et musique. Il est intéressant de noter que les arts plastiques et les connaissances associées (perspective, anatomie), ne sont pas mentionnés. Ceci prouve bien la réticence de l’époque à l’égard de ceux qui manipulent l’image, (n’oublions pas que l'Inquisition médiévale a été introduite devant les tribunaux ecclésiastiques par le pape Innocent III en 1199 : la peur des démons et des envoûtements faisait partie du quotidien des hommes de cette
époque).

Dans toutes les réalisations artistiques que ce soit à l’époque grecque ou byzantine, le dessin sert de base à la création (ex : les mosaïques de Ravenne : exécutées à partir d’un dessin du « pictor imaginarius ». Celui-ci était recopié par ses aides sur la paroi. Ensuite le « musearius » positionnait les morceaux de céramique maintenus par du
ciment frais).[11]Toutefois la culture artistique est très pauvre même avec le retour à l’ordre de l’empire de Charlemagne à partir de 800, les enluminures des monastères montrent que les miniaturistes ne sont pas préparés à représenter la figure humaine, ils ignorent l’anatomie, les proportions et même la perspective[12].


Les rares dessins retrouvés sont de simples contours à la plume ou au pinceau sans ombres tracés sur parchemin. Dès le moyen âge la plume d’oiseau (oie, corbeau, cygne, cormoran) a presque remplacé la plume de roseau qui elle est plus souple, fine et résistante. Elastique elle permet un véritable contour continu des formes. Les projets des fresques étaient réalisés d’abord au fusain sur toile fine, pour pouvoir être « décalqués » sur le ciment frais avec une pointe en os.

Après cet enlisement culturel du haut Moyen Age où les représentations d’Adam et Eve rappellent de grossières idoles primitives, La vie économique renaît dans toute l’Europe. C’est l’apparition au XII e siècle en Flandre du style gothique. Ce nouveau style amène le renouveau des arts figuratifs dans presque toute l’Europe.  Dans les pays humides et septentrionaux où la peinture murale n’est pas envisageable, les murs des châteaux se couvrent de tapisseries dont les motifs sont tout d’abord dessinés par des miniaturistes byzantins. L’art est alors un art de commande soumis aux desideratas des religieux et des seigneurs[13].

Ce fut Giotto (1267 à Vespignano ou Romignano - 8 janvier 1337 à Florence) qui sortit l’art des carcans de la tradition et révolutionna la peinture occidentale en réhabilitant l’art figuratif[14] libéré de la stylisation de l'art byzantin. Ce sera le précurseur de la Renaissance. « Comme les autres artistes de son époque, Giotto n'avait aucune connaissance technique de l'anatomie, ni de la perspective  Pourtant, ce qu'il possédait était une maîtrise de l'émotion humaine, un sens aigu de la vie humaine… »[15] 

« De sa main seule, Giotto avait ouvert une voie essentielle à l’art : la peinture, jusqu’alors au service du symbolisme, s’était élevée jusqu’à devenir le miroir de l’humanité ».[16]

La Renaissance :

A l’opposé de la période précédente, la Renaissance se caractérise par l’amour de la vie, l’étude de la nature et le rationalisme.
Le XIIIe et XIVe siècle voient se multiplier les contacts avec le Moyen Orient, la création des premières universités et la création d’une nouvelle génération de peintres qui se formaient en contact direct avec la nature. 
Les grands peintres de cette époque proposaient leurs projets à leurs clients sous la forme d’un dessin achevé, malheureusement ces études étaient détruites une
fois la peinture achevée.

Jusqu’alors le dessin ne sert que d’étude préliminaire sans que quiconque ne lui accorde une valeur intrinsèque. Le premier peintre à avoir transmis ses cahiers de dessin est l’italien Antonio Pisano (Pise av. 1395 – ? v. 1455).

Le dessin va progressivement gagner son indépendance et par là même ses lettres de noblesse. Il se libère peu à peu de la rigidité gothique comme le révèlent les lignes des sujets d’Ambrogio Lorenzetti[17]. Celui-ci dessinait tous les jours selon l’habitude des maîtres de l’époque, acquérant par l’observation, une connaissance approfondie de l’anatomie. Ses croquis montrent une habileté qui illustre la maxime de Cennini[18] : « la main doit voler comme une feuille au vent ». [i]
Les peintres qui suivirent comme Paolo Ucello [19](1397-1475) essayèrent par tous les moyens de maitriser les règles de la perspective.
A partir du XVème siècle, la recherche de la beauté s’affirme avec un dessin visant à idéaliser les personnages féminins en allongeant le cou et en rapetissant le nez et la bouche, en affirmant le menton (Boticelli 1444-1510)[20].
L’importance est donnée à la ligne molle et sinueuse (comme les dessins japonais), les sujets religieux sont traités comme les sujets profanes à la recherche de l’idéal féminin.

Les artistes emploient des techniques très variées pour rendre la beauté : le charbon de bois employé depuis la préhistoire, prend la forme du fusain, il est obtenu à partir de baguettes plus ou moins carbonisées de différents arbres et arbustes (saule, tilleul, fusain, romarin), le fusain donne des traits fins ou larges plus ou moins foncés. L’estompe, le doigt, le chiffon permettent de l’étaler sur de larges surfaces. Tintoret, Véronèse, et plus tard bien des artistes du XIXème et XXème siècle l’utiliseront.

La pierre noire dite aussi pierre d’Italie car elle y est en vogue à partir du XVème siècle remplace bientôt la pointe de métal, bâtonnet de schiste argileux semi dur, elle s’utilise comme le fusain ou la sanguine, sur papier non préparé, d’où sa grande facilité d’emploi. La pierre noire donne un trait allant du gris au noir, avec épaisseur, douceur, grain sensuel estompe douce (bronzino) elle permet aussi une plus grande rapidité d’exécution et donc une ligne plus nerveuse (Dürer).

La sanguine est utilisée sous forme de bâtonnets (et aujourd’hui de crayons), c’est une argile ferrugineuse rouge-clair, violacée, ou brun foncé qui permet luminosité et rendu des carnations ainsi que la possibilité de dégradés, la sanguine sera privilégiée dans les portraits et les nus (Corrège, Michel Ange, Primatice).

La sanguine et la pierre noire ont souvent été associées à la pierre blanche, calcaire national, utilisée comme modelé dans le dessin sous la forme de rehauts de lumière, on dit alors dessin aux trois crayons (Rubens). Le lavis est une sorte de trait d’union entre le dessin et la peinture, c’est une encre noire ou de couleur diluée dans l’eau et appliquée au pinceau elle complète le dessin, avec plus de modelé encore (esquisses de Poussin, paysages romains du Lorrain).[21]

Giorgio Vasari (1511 – 1574) l’un des fondateurs de « l’académia del disegno » en 1563 représente l’un des premiers collectionneurs (il aime à faire savoir qu’il possède des dessins des artistes sont il parle dans son recueil biographique sur « les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes »).

Piétro Vanucci (dit le Pérugien, 1445 - 1523)[22]va faire progresser l’art du dessin en réalisant des études de nus extrêmement réalistes qui inspireront Raphaël.

Les dessins à la plume de Mantegna (1431-1506)[23] vont se prêter à la reproduction au moyen de la gravure sur cuivre alors débutante.

Les artistes de la première renaissance (XIIIème, XIVème) auront donc dépassé les schémas byzantins pour s’intéresser à l’étude de la nature.

Ceux de la seconde renaissance (XVème, XVIème), tout en s’inspirant toujours de la nature vont la transcender pour en tirer toute la beauté. « Léonard de Vinci (1452 - 1519) dit que l’artiste crée les formes peintes comme Dieu crée
les formes vivantes. »[24] Dans cette citation il est possible d’entendre que l’homme s’élève au statut de divinité grâce au processus créatif.

Cette époque qui suit la révolution Esthétique de Giotto, voit le trait enrichi et libéré par l’étude de la perspective, du paysage, du nu, du mouvement et par l’idéalisation de la figure humaine. C’est à ce moment qu’intervient Léonard de Vinci qui nous a laissé une multitude de dessins (anatomie, botanique, technique, mécanique, études préparatoires de ses œuvres), il ne fait pas de distinction entre études picturales et études scientifiques, le dessin se prête alors à l’expérimentation et la recherche. Par sa spontanéité, il permet d’aller vite à l’essentiel. Léonard rend compte de détails rarement observés auparavant. Il est le premier à dessiner des anatomies vues sous plusieurs angles. Il ouvre la voix d’une nouvelle discipline, le dessin scientifique, un art qui a joué un rôle essentiel dans la diffusion des connaissances.

Léonard notait dans son traité de la peinture : « la peinture la plus louable est celle qui est le plus conforme à la chose imitée », toutefois il se servira de ses modèles pour mieux traduire des scènes imaginaires et donnera des impressions angéliques à de simples mortelles.

Léonard érige le processus créatif en règle de vie : « Les sept principes léonardiens sont:
- La Curiosità - Une curiosité insatiable et une soif inextinguible de connaissance.
- La Dimostrazione - La volonté de mettre vos connaissances à l'épreuve par l'expérimentation, la persistance, et le désir de tirer des leçons de vos erreurs.
- La Sensazione - Le raffinement continu des sens, en particulier de la vue, dans le but de rehausser vos expériences.
- Le Sfumato (littéralement « l'art du vaporeux») - La volonté d'embrasser l'ambiguïté, le paradoxe, l'incertitude.
- L'Arte/la Scienza - La recherche de l'équilibre entre science et art, logique et imagination. Une façon de penser qui sollicite le cerveau tout entier.
- La Corporalità - La recherche de la grâce, de l'ambidextrie, de la bonne forme physique, de l'élégance.
- La Connessione - La reconnaissance et l'éloge de l'interdépendance de toutes choses et de tous phénomènes. La pensée systémique. »[25]

De grands noms ont marqué cette période : Raphaël (1483 – 1520)[26],
Michel Ange (1475 – 1564) [27]qui détruisait ses dessins de peur qu’on ne lui vole ses idées. D’ailleurs la plupart des dessins étaient détruits après la réalisation de l’œuvre qu’ils avaient servie. Ceux qui nous sont parvenus témoignent du courant humaniste de cette période. Selon la philosophie humaniste, le centre de tout c’est l’homme, il n’est concevable que nu et exprimant les émotions qui l’agitent.

Chaque artiste a un trait qui lui est propre et reconnaissable entre tous. Albrecht Dürer (1471 – 1528)[28] fut considéré comme le meilleur dessinateur allemand, ses dessins se prêtaient admirablement bien à la gravure sur cuivre ce qui a permis de les conserver.

Le papier avait été inventé en chine dès le début du 2ème siècle de notre ère, un secret gardé pendant 600 ans, c’est à la fin du XIVème siècle qu’il s’affine et devient alors rapidement le support privilégié du dessin

La renaissance italienne à la recherche des divines proportions reprend les canons grecs copiés par les romains. La tête est comprise huit fois dans la hauteur du corps, mais ni Léonard ni Michel Ange n’en sont prisonniers.

Le maniérisme :

Le XVIème siècle voit le retour du puritanisme protestant, l’inquisition est créée en 1542 les conceptions de la renaissance sont prises en horreur : on met des culottes aux nus de la chapelle Sixtine !

C’est l’époque du maniérisme où des peintres tels Antonio Allegri (dit le Corrège, 1480-1534)[29], Paolo Caliari (dit Véronèse, 1526-1588)[30],Jacopo Robusti (dit le Tintoret, 1518-1594)[31] ou le français Nicolas Poussin (15594 – 1665)[32] peignent « à la manière de… », en imitant dans le trait les grands peintres de la renaissance. Le dessin est à présent reconnu au même titre que la peinture.

Le Baroque : fin XVI au XVIIème

Après avoir mis des caches sexe aux nus de Michel Ange, la papauté veut détruire ces œuvres. Le réalisme a disparu,
l’idéalisation de la figure humaine ne peut se faire qu’à travers des thématiques religieuses. La monarchie absolue remplace les républiques. On voit apparaître l’art des portraits dit « à la silhouette », appelé aussi art de l’ombre dont la mode connut une grande vogue dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Ces « tableaux en découpures »
deviennent un passe-temps. Les familles royales, princières membres de l'aristocratie, célébrités ou grands bourgeois se firent tracer leur silhouette. Johann Kaspar Lavater par son livre «L’Art de connaître les hommes par la physionomie » qui contient de nombreux profils en silhouette contribua beaucoup au développement de cet art.
Par la suite la technique sera utilisée par d'autres formes d’art comme le théâtre d’ombres ou la photographie.[33]

Les cours des rois ont besoin d’ornementation, l’époque baroque sera marquée par un style extravagant, marqué d’agitation, d’expression dramatique où les corps sont mêlés, bizarrement contorsionnés. L’importance du sujet diminue au profit des ornements. Les artistes vivent une crise spirituelle. Leurs choix artistiques se confrontant sans cesse aux interdits ecclésiastiques.

 
La philosophie postconciliaire attribue à Dieu seul l’inspiration de la création. Les écoles d’art passent par une phase
de conservatisme. Le Caravage (1573 – 1610)[34] fut le premier à oser revenir au naturalisme. Caravage pratiquait l' abozzo le dessin réalisé directement sur la toile sous forme d'une ébauche au pinceau. Ces dessins préparatoires n’ont jamais été retrouvés. Les dessins de ses contemporains marqués d’académisme se ressemblent.

Toutefois le XVIIème siècle est vraiment le siècle du dessin où celui-ci soutient la couleur par les règles de la perspective, de l’anatomie, de la composition et les lois de valeurs du clair-obscur).

A cette époque renait la polémique entre disegno et colore, les dessins de Rembrand t(1606 – 1669), Poussin (1594 –
1665) ou le Lorrain (Claude Gellée 1600 – 1682) sont alors rehaussés (bistre et sépia) pour mieux suggérer la lumière.

La technique de la gravure : « à la taille rangée » croisement de traits parallèles pour les ombres, se généralise.

Ce n’est qu’au XVIIIème siècle avec Tiepolo (1696 - 1770)[35] que le dessin est à nouveau exploité comme base au processus créatif. Cependant malgré l’émergence d’artistes de grand talent comme Rembrandt[36]ou Fragonard (1732 – 1806)[37], il faut attendre l’avènement de la philosophie des lumières pour voir évoluer la société tant sur le plan culturel, que politique et économique.

La période néoclassique : 1750 - 1830 

Elle sera marquée par le rejet du baroque cher aux souverains et par la découverte des fouilles d’Herculanum et de Pompéi dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, dont les œuvres d’art militent en faveur d’une purification des formes : cf. David (1748 - 1825)[38] « le Serment des Horaces ». L’art est alors considéré comme un moyen naturel
de propagande politique, ce qui explique que la période néoclassique ne survivra pas à la chute de Bonaparte que les artistes de cette époque avaient soutenu[39]. Cette facture sera assimilée au style impérial. L’un des artistes marquant de cette période fut sans conteste Jean, Auguste, Dominique Ingres (1780 – 1867)[40], grand dessinateur, qui après avoir été l’élève de David, affirmait que le devoir de l’artiste est la reproduction fidèle de la nature. Ingres dessinait sans cesse afin de se perfectionner.  La lithographie remplace le burin en 1798, la plume est préférée au procédé des trois crayons. C’est l’invention du graphite artificiel par Nicolas- Jean Conté qui réalise des mines sèches artificielles selon le procédé encore en usage, à l'aide de graphite et d'argiles fines dosées en fonction du résultat recherché (la fabrication mécanique des crayons fut quant à elle inventée vers 1822 par les Américains S. Mordan et J.I. Hawkins)[41].

La mine plus ou moins taillée permet des lignes très fines ou plus épaisses et aussi des aplats. David utilise le crayon
de conté pour ses esquisses. La rigueur d’Ingres fait de ses dessins des œuvres d’art achevées. Seurat tire de ce crayon utilisé sur papier légèrement granuleux des effets saisissants. Il n’y a plus de ligne, seulement des oppositions
d’ombre et de lumière.

Le romantisme : Fin XVIIIe – Fin XIXe (apogée vers 1820-1850)

La « révolution romantique succède au néoclassicisme : il s’agit de passer de l’analyse rigoureuse, du rationnel, de l’imitation des anciens à l’imagination, la sensibilité et l’irrationnel, voire l’occulte… Apparaissent alors l’exaltation des sentiments, le mépris de la matière au profit des aspirations de l’esprit. Ce courant très fortement marqué dans la littérature (Victor Hugo, Honoré de Balzac, Alexandre  Dumas) voit la naissance du roman et influencera les thématiques des peintres. En peinture, Eugène Delacroix (1798-1863)[42] est bien représentatif de cette période qui verra enfler la polémique entre romantiques et supporters du classicisme.

C’est aussi le début des expositions de peinture. C’est aussi, l’apparition de la notion d’artiste maudit, incompris, vivant une vie de bohème. Ceci divisera les artistes en deux philosophies distinctes : « l’art pour l’art », ou « l’art pour les hommes ». L’art du dessin s’exalte alors surtout dans les portraits (voir l’œuvre de Prud’hon 1758 -1823[43]). Il n’y a pas une façon de dessiner chacun est libre de choisir sa technique, ce qui compte c’est l’expression des sentiments et de la personnalité.

La plume d’acier se substitue aux autres (en fait la plume métallique est connue depuis l’antiquité mais l'apparition de
nouveaux aciers ayant la résistance et la souplesse nécessaire lui permettra de conquérir le monde).
Ces premiers aciers sont produits à Birmingham vers 1820 et dès 1835 les plumes métalliques anglaises commencent à s'exporter dans le monde entier pour remplacer la plume d'oie et le calame. En 1827, Petrache Poenaru brevette à Paris, la plume portable sans fin, qui s'alimente elle-même avec de l'encre, précurseur du stylo-plume d'aujourd'hui[44]. Toutefois, certains artistes comme Van Gogh continuent d’utiliser le roseau. D’autres utilisent le fusain et la craie Conté (Seurat, Redon) ou la mine de plomb (Ingres, Corot, Degas). Les romantiques attirés par le clair-obscur comme Goya, Delacroix ou encore Millet mélangent fusain, crayon et encre et pratiquent le
dessin de mémoire. De nombreux artistes et notamment Goya utilisent l’aquatinte procédé d'eau-forte donnant un résultat semblable au lavis (gravure en creux ou taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’un mordant chimique mise au point par François-Philippe Charpentier en 1762, perfectionné en  1780 par le graveur français Jean-Baptiste Le Prince).

Le dessin trouve un nouveau terrain d’expression proche de l’homme de la rue par le biais des caricatures satiriques qui apparaissent dans les journaux d’opposition[45].

Le réalisme : XIXème siècle

Les réalistes prônent la nécessité de donner un contenu populaire à l’art et se distinguent des réalistes par l’approche
sociale de leur œuvre. Ainsi que le dit Millet (1814-1875) [46]  « il faut savoir utiliser le banal pour exprimer le sublime ».[47]
« Le XIXème siècle recouvre l'ensemble d'une époque qui est sans doute la plus brillante de l'histoire du dessin français. C'est le temps où les génies de l'art graphique semblent se succéder naturellement. David, Ingres, Géricault, Delacroix, Seurat, Cézanne font du XIXème siècle un véritable âge d'or du dessin français »[48].

Gustave Courbet[49] (1819 – 1877) fonde une académie réaliste en 1861 et déclare : « je peins ce que je vois, si vous me faites voir des déesses, des nymphes et des anges, je les peindrai ; mais je ne peux pas mentir en inventant des choses qui n’existent pas. »[50] Ce sera le premier à représenter un travailleur grandeur nature ce qui était jusques là la prérogative des saints ou des héros. Certains artistes deviennent célèbres uniquement grâce à leurs dessins (comme Käthe Kollwitz (1867 – 1945)[51] avec ses œuvres au fusain). Cette époque voit une hostilité déclarée entre les académiciens et les réalistes.

L’art du portrait se démocratise, la bourgeoisie industrielle et commerçante cherche à imiter la noblesse en commandant aussi des portraits. Pour répondre à cette demande, des techniques moins chères et plus rapides se multiplient : miniatures sur ivoire, portraits à la silhouette ou au physionotrace. Pour aboutir à l'invention du daguerréotype (la date officielle de l'invention de la photographie est 1839 : François Arago présente à l'Académie des sciences le daguerréotype qui fixe une image projetée sur du cuivre). Vers 1850, on parvient à faire des négatifs et à tirer plusieurs images d'un cliché. Toutes les classes de la société immortalisent les rituels familiaux (mariage, communion, etc.). Les albums contribuent à constituer une mémoire visuelle. On collectionne les photographies de nouvelles « stars » : hommes politiques, comédiens et sportifs [52].

L’invention de la photographie permet à la gravure de sortir de sa fonction utilitaire pour réaliser des œuvres plus originales et artistiques.

L’impressionnisme :  moitié du XIXème siècle

Les grands maîtres de l’impressionnisme sont connus de tous : Renoir (1799 – 1874), Manet (1832 – 1883), Monet
(1840 – 1926), Van Gogh (1853 – 1890) et tant d’autres, même s’ils ne furent pas reconnus à leur époque. C’est le début de la peinture en tube qui permet aux artistes de peindre en extérieur directement. Certains impressionnistes
comme Edouard Manet[53] vont appliquer leur recherche de la lumière également au dessin qui profite de la réflexion sur le rendu de matière. L’exposition universelle de Paris en 1867 révèle les œuvres japonaises ce qui influencera la technique de peintres comme Gauguin (1848 – 1903) entraînant simplification des formes et utilisation des
aplats.

L’invention de la photographie a fait évoluer le regard des artistes qui se devaient d’apporter une plus-value par leur interprétation à la simple représentation à l’identique prônée par lesclassiques et dont l’aspect documentaire n’avait plus d’intérêt.

Les œuvres d’art sont de plus en plus considérées comme de simples marchandises ce qui provoque le départ de nombreux artistes qui abandonnent l’Europe pour aller vivre le mythe du « bon sauvage ».

Vincent Van Gogh [54] fut un des grands noms de cette période malgré l’insuccès qu’il connut à son époque. Il produisit plus de 1000 dessins (en plus des 870 tableaux, des 150 aquarelles et des 133 lettres illustrées), exécutés pour beaucoup à la plume ou au bambou, à travers ses dix années de carrière en tant qu'artiste. Il disait du dessin que c’est « l’acte d’ouvrir un passage à travers un mur invisible qui se trouve entre le réel et le virtuel »[55] .

Il exprimait ainsi sa pulsion de dessiner :"En dépit de tout je me relèverai : je reprendrai mes crayons que j'aurais pu abandonner dans un grand découragement et je dessinerai encore et toujours." Lettre 136 -24 Septembre 1880[56].

Paul Cézanne (1839 – 1906)[57] apporta également une réflexion majeure sur le processus artistique, il fut le précurseur du cubisme : Trouver les volumes  était la véritable obsession de Cézanne, sa technique, écrit Léon Gard, peintre et écrivain d'art du XXème siècle, « veut résoudre le problème de la peinture sans recourir au moyen du
dessin-ligne, ni à celui du clair-obscur. Comme il l’a dit lui-même, il a voulu, par les diaprures, conjuguer les problèmes du dessin et du modelé, rejoignant ainsi le vieux peintre du  Chef-d'œuvre inconnu de Balzac qui s’écriait : "Le dessin n’existe pas !", voulant dire par là que dans une œuvre de peinture tout doit être exprimé, dessin et valeurs, par la seule modulation de la couleur»[58].

Le symbolisme : 1870 - 1900

Ce courant est lui aussi issu du romantisme et surgit en France à la fin du XIXème siècle. Les symbolistes prônent que le rêve et le mystère sont les sources de l’art qui doit être idéaliste, symboliste, synthétique, subjectif et décoratif. Gustave Moreau(1826 – 1898)[59] parmi les symbolistes fut un dessinateur passionné : « Depuis l’âge de huit ans, il ne cessait de dessiner tout ce qu’il voyait. »[60]. Les dessins forment l’essentiel de son œuvre. On en dénombre environ quatorze mille.

L’expressionisme : Tout début XXème. Entre 1905 et 1914

C’est le véhicule de l’expression. Avec les impressionnistes l’art a été assimilé à la technique et à la conception de l’artiste. L’expressionisme ne s’intéresse à la forme que comme support de l’expression, il s’agit de déformer la réalité pour provoquer une réaction émotionnelle. C’est une vision pessimiste du monde en lien avec les prémices de
la première guerre mondiale et marquée par les débuts de la psychanalyse. Ce mouvement survivra jusqu’au début du régime nazi qui le juge dégénéré. Nous sommes au début de XXème siècle, Munch [61](1863 – 1944), Klee[62](1879
– 1940), Van Gogh (1853 – 1890), Kandinsky[63](1866 – 1944) et de nombreux autres artistes dans tous les pays vont se rallier à ce mouvement. Klee  a exprimé que le tableau doit être une chose organique en lui-même, comme sont organiques les plantes et les animaux, il a réalisé de nombreux dessins radicalement impulsifs, rapidement tracés. Un sous-groupe des expressionnistes est connu sous le nom de « fauves »,

Le fauvisme : 1903-1910

Il fut représenté par des peintres comme Henri Matisse[64](1859 – 1954), André Derain (1880 – 1954), Maurice de Vlaminck (1876 – 1958) ou encore Georges Braque[65](1882 – 1963). Ces artistes avaient recours à de larges aplats de couleurs pures dans la réalisation de leurs tableaux. Ils cherchaient avant tout le contraste des couleurs. En 1905 lors d'une exposition, ces œuvres provoquent un scandale de par la simplification du dessin et les curieux contrastes colorés employés. Les œuvres du fauvisme vont ouvrir les portes à une abstraction de plus en plus marquée de l’image, jusqu’à aboutir plus tard à l’art abstrait. Ces artistes axèrent leur recherche sur la couleur mais aussi sur la recherche d’une spontanéité primitive comme le montre bien le dessin de Matisse en annexe. L’abstraction répond à un besoin de fuir la réalité d’une société de plus en plus spéculative. Kandinsky l’exprime ainsi : « plus le monde devient effrayant, plus l’art devient abstrait, alors qu’un monde heureux fait s’épanouir un art réaliste ».[66]

Le cubisme : 1907-1914

La recherche obstinée de la forme simplifiée pousse les cubistes à mettre la couleur au second plan (voir les dessins de guerre de Fernand Léger (1881 – 1955)[67]. Ces artistes ont été fortement influencés par Cézanne (1839 – 1906) qui fut un précurseur en traitant la nature par le cylindre la sphère et le cône. Ce fut le cas notamment de Pablo Picasso (1881 – 1973) qui donnera naissance au cubisme en 1907 avec « les demoiselles d’Avignon »[68], lequel finira par la destruction totale de la forme, réduisant tout à des schémas géométriques. Pour expliquer sa démarche Braque disait : « L’art est fait pour troubler. La science rassure»[69][70].

Le futurisme : 1904 à 1920

Né en Italie dans les années 1900, ce mouvement porte une admiration sans borne à la machine et aux innovations techniques (comme la lumière électrique).L’œuvre de Nathalie Gontcharova (1881-1962)[71]
illustre clairement cet aspect mécanique, cet intérêt pour le mouvement et la vitesse. Les artistes sont anti académiques et avides de liberté. Ce mouvement jouera un rôle politique en tant que porteur d’idéologie de 1904 à 1920, ce qui le desservira car trop lié au fascisme. Il s’opposera au cubisme qui a une vision issue de la décomposition des volumes (regard de sculpteur) alors que le futurisme s’intéresse à la couleur et à l’expression du mouvement exprimé par la superposition de formes plates et de la diffraction de la lumière, avant de réaliser une synthèse avec celui-ci que l’on peut retrouver dans un mouvement appelé « Orphisme » par Guillaume Apollinaire, dont
les représentants les plus connus sont le couple Robert (1885 – 1941) et Sonia Delaunay (1885 – 1979)[72]. Ce mouvement est peu propice à l’exploitation graphique du dessin car il est entièrement tourné vers les potentiels de la couleur. Les artistes engagés dans un processus de recherche pure s’éloignent du grand public qui ne peut comprendre leur démarche. Tout ce qui utilise une vision représentative du monde est considéré comme passéiste. L’irréel l’informe, l’absurde, domine dans les expositions qui suivent la deuxième guerre mondiale. Tout ce qui n’est pas nouveau est considéré comme dénué de valeur artistique, y compris par le grand public (convaincu par la publicité).

Le dadaïsme : 1916-1925

Mouvement rebelle né en Allemagne en 1916, soutient une conception du monde extravagante et qui nie toute règle. Les artistes ont tous en commun un esprit irrévérencieux et léger, la capacité de pouvoir créer de toutes les façons possibles et la recherche de la liberté sous toutes ses formes. Le dadaïsme culmine en 1918. Marcel Duchamp (1887
- 1968)[73], Max Ernst (1891 – 1976), George Grosz (1893 – 1959) ou encore Man Ray (1890 – 1976) vont marquer ce mouvement. Pour Duchamp : « Plus la critique est hostile, plus l'artiste devrait être encouragé»[74].
Le dessin sert à ces artistes à exprimer leur rébellion « Grosz a réalisé des dessins qui sont une violente attaque contre l'ordre établi et a exprimé dans ses dessins sa haine pour le militarisme, le clergé et la bourgeoisie. Son influence sur les caricaturistes d'aujourd'hui est indéniable. Ses dessins sont souvent utilisés dans des dossiers ou des documents à l'école pour illustrer l'histoire de l'Allemagne entre 1918 et 1933 »[75][76].
Dans un manifeste dadaïste on peut noter cette déclaration : « toute œuvre picturale ou plastique est inutile ; qu’elle soit au moins un monstre pour faire peur aux esprits serviles. »

Le surréalisme : 1924-1945

Les différents mouvements précédents vont déboucher début du XXème siècle sur le surréalisme qui est avant tout une esthétique intellectuelle soutenue par un concept de liberté absolue de la création. L’idéologie des artistes d’avant-garde se tourne vers l’anarchie et le nihilisme. André Breton (1896 – 1966)[77] est considéré comme le fondateur du mouvement. Il déclare : « Ce n'est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l'imagination.» (Extrait du Premier manifeste du surréalisme) ou encore : « L'esprit, mis en présence de toute espèce de difficulté, peut trouver une issue idéale dans l'absurde.» (Extrait de l’anthologie de l'humour noir).

Le rêve et l’inconscient deviennent la source essentielle d’inspiration. Pour de Chirico (1888 – 1978)[78] il faut se rapprocher de la vision enfantine, et de la vision sans signification. Picasso rejoindra le surréalisme après être passé par le romantisme, le réalisme, le cubisme, le dadaïsme. Les artistes de cette époque sont des chercheurs qui expérimentent sans à priori toute approche nouvelle dans l’idée que l’artiste doit être un révélateur entre la nature ou entre l’inconscient et le spectateur. Le graphisme choisi va dans le sens d’une simplification (comme chez Chagall)[79]
et d’un assemblage de formes et de signifiants qui doivent provoquer une réaction chez le spectateur (Alberto Martini 1876 – 1954)[80]. Le dessin de par sa spontanéité et sa capacité à s’exprimer par un trait se prête bien à cette approche. Salvador Dali (1904 – 1989) suivra un chemin personnel jusqu’à l’exploration de la tridimensionnalité.

La gravure sur bois a été remise à l’honneur par Gustave Doré (1832 – 1883), Paul Gauguin (1848 – 1903), Edvard Munch (1863 – 1944).
La deuxième moitié du  XXème siècle va voir l’émergence de différents mouvements dont les actions visent à se démarquer des courants existants et de la société, Les expressions nouvelles et spontanées vont être reconnues comme possédant une valeur artistique intrinsèque. C’est d’ailleurs dans ce contexte que le concept d’art brut émerge.

L’art brut : (1945)

Dubuffet sera considéré comme le créateur du concept de l’art brut en 1945 (quoique celui-ci est existé de tous temps mêmes s‘il n’avait pas de nom) qu’il définissait ainsi « « Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de
l’art classique ou de l’art à la mode.»[81] Les matériaux utilisés dans les productions d’art brut sont souvent pauvres et modestes car récupérés, on retrouvera notamment souvent les crayons et le papier (technique du dessin).

L’Expressionnisme abstrait : 1945-1970

Il consiste à transcrire ses pensées et ses sentiments avec des formes abstraites et des couleurs très variées. Né à
New York, il a fonctionné principalement aux États-Unis, l’un des principaux représentants est Jackson Pollock (1912 – 1956)[82] lequel déclarait : « Un critique a écrit que mes tableaux n’avaient ni commencement ni fin. Il ne l’entendait pas comme un compliment, or c’en était un. C’était même un beau compliment, seulement il ne le savait pas. ».[83]

Le Pop art : 1950 -1970

C'est surtout la branche américaine qui va populariser ce courant artistique devenu majeur, en questionnant la consommation de masse de façon agressive. Il s'agit principalement de présenter l'art comme un simple produit à consommer, éphémère, jetable, bon marché... « Quand on y songe, les grands magasins sont un peu comme des musées.» Andy Warhol.
L’œuvre de Warhol (1928 – 1987) est ennemie du romantisme. Elle refuse la sentimentalité et ne s’intéresse qu’à la banalité du quotidien.[84] S’il y a encore une facette de Warhol à découvrir, c’est l’univers fascinant de ses dessins.[85] Roy Lichtenstein (1923 – 1997) a également marqué cette époque avec des œuvres inspirées de la bande dessinée (les comics)[86]. Il décrit son style comme étant « aussi artificiel que possible ».

Le nouveau réalisme : 1960- 1970

Fondé par le peintre Yves Klein (1928 - 1962) connu pour son fameux bleu (IKB pour International Klein Blue)[87], contemporain du Pop Art américain, présenté comme la version française, le Nouveau réalisme incarne l'une des nombreuses tendances de l'avant-garde dans les années1960. Utilisation d'objets prélevés dans la réalité de leur temps, à l'image des ready-made de Marcel Duchamp, art de l'assemblage et de l'accumulation d'éléments empruntés à la réalité, (César (1921 - 1998) avec ses compressions).[88]

L’arte Povera : 1967

L’apparition de ce mouvement en Italie correspond à un phénomène international plus vaste, qui se manifeste dans des expériences telles que celles du Land Art, de "l'Antiform " ou de l'Art conceptuel. Le moyen de soustraire l'œuvre à la catégorie des biens de consommation doit être cherché dans la création de travaux de durée éphémère ou liés à des matières difficilement " récupérables ". Le caractère élémentaire de certains matériaux, choisis en raison même de leur " pauvreté " [89](usage de la terre par Pino Pasquali : Cube de terre, 1967), voire même périssable, l’activité de genre artisanal, répondent aux exigences de cette démarche.

Le land art : 1970

En 1968 un groupe d’américains et d’européens décident d’élaborer des projets qui mettent l’accent sur des techniques et des matériaux inédits tout en investissant des lieux autres que les galeries et les musées. Leur principale source d’inspiration est le paysage. Celui-ci prend une autre dimension car il n’est plus décrit littérairement ou représenté picturalement mais utilisé comme matériau artistique. Les  œuvres sont éphémères faites de matériaux naturels et réalisées en harmonie avec les paysages dans lesquels ils s'inscrivent.[90] Christo Vladimiroff Javacheff (né 1935) et Jeanne-Claude Denat de Guillebon ( 1935 - 2009) sont connus pour leurs « empaquetages »[91].

L’art du dessin à l’époque contemporaine :

L'art du dessin se développe dans d’autres domaines : à partir de la fin du XIXème siècle, la gravure, la lithographie, vont donner une grande puissance au dessin/images multipliées par les livres (illustrations, dessins techniques, dessins humoristiques et caricatures publiés dans des journaux comme Le rire en 1894, ou L’Assiette au beurre ou encore Le Figaro qui publie des artistes comme Toulouse Lautrec[92], Forain, Steinlen, Caran d’Ache (Emmanuel Poiré, 1858 -  1909 )[93], bandes dessinées (créée en 1835 par le suisse Rodolphe Töpfer) ou art pur soutenu par des artistes qui continuent à développer le figuratif.[94]

L’art de l’affiche se développe. Quoique le procédé d’affichage des informations soit utilisé depuis l’antiquité (fresques vantant les hommes politiques), leur utilisation va connaître son heure de gloire entre 1880 et 1900 (on parle d’affichomanie), elles sont collectionnées et s’élèvent au début du XXème siècle au rang d’œuvres d’art. La participation d’artistes connus comme Toulouse Lautrec[95] ou Leonetto Cappiello (1875 - 1942) augmente leur valeur (et leur qualité).[96]

A partir des années 1970, la publicité devient un véritable phénomène de société. Nous entrons dans la société de l’image qui va se développer rapidement avec les innovations technologiques (cinéma, télévision, informatisation, miniaturisation des produits, téléphones portables…) : « Le flux d’images dans nos maisons est aujourd’hui quasi ininterrompu et semble naturel : « En onde sur les écrans qui en une seule minute sont aptes à montrer plus d’images que celles qu’aurait pu contenir en plusieurs vies une riche maison flamande du XVIIe siècle » (Gitlin, 2003, p. 3)[97]

Les peintres ont défendu le dessin et la ligne par épuration et abstractions successives : (Matisse, Picasso). Pour Giacometti le dessin reste l’ultime recours «  il faut dire que ce que je crois c’est que, qu’il s’agisse de sculpture ou de peinture en fait, il n’y a que le dessin qui compte, il faut s’accrocher uniquement, exclusivement au dessin, si on dominait un peu le dessin, tout le reste serait possible. »[98]

L’art du dessin a lui aussi trouvé son terrain d’expérimentation en cette période de recherches intenses avec les papiers collés de Picasso (1881 – 1973)[99], Juan Gris et Matisse ou les estampages d'Alechinsky (né en 1927)[100], en passant par les papiers froissés de Miro (1893 – 1983)[101], les empreintes de Max Ernst (1891 – 1976)[102] ou de Fautrier, les grattages de Dubuffet (1901 – 1985)[103] et les perforations de Fontana (1899 – 1968) : voir l’exposition : «Invention et transgression, le dessin au XXe siècle» .

Actualités :

Le dessin possède aujourd’hui son propre salon : « LE SALON DU DESSIN CONTEMPORAIN est la foire d'art contemporain de référence en Europe exclusivement dédiée au dessin. Sa 7ème édition se tiendra du jeudi 11 avril au dimanche 14 avril 2013 au Carrousel du Louvre. Environ 80 galeries seront sélectionnées par un comité indépendant de personnalités du monde de l'art. Créé en 2011 par Christine Phal, présidente de DRAWING NOW PARIS

LE SALON DU DESSIN CONTEMPORAIN, le Fonds de dotation pour le dessin contemporain est destiné à favoriser le développement et le rayonnement du dessin contemporain et des œuvres graphiques tant en France qu’à l’étranger » Elle a pour but de créer « parallèlement à la foire un outil indépendant regroupant des sociétés mécènes souhaitant soutenir la création dans le domaine du dessin contemporain, donner une plus grande visibilité à ce médium et à des artistes qui l’ont choisi comme moyen d’expression, donner la possibilité à un public différent de découvrir la richesse du dessin contemporain en dehors de la période du salon du dessin contemporain. »[104]

La grande diversité des expériences des artistes des siècles passés a enrichi les créations de nos artistes contemporains qui puisent sans état d’âme, inspiration et techniques dans toutes les époques précédentes, du naturalisme voire l’hyperréalisme à l’art abstrait, ou encore à la simple utilisation de technique comme finalité de l’œuvre.[105]. Bruno Racine, Directeur du centre Pompidou déclare : « Au cours du siècle dernier – ce XXème siècle – marqué par les ruptures des avant-gardes successives – la notion même de dessin a subit une évolution remarquable et gagné une autonomie nouvelle. Le dessin - cette "probité de l’art" selon Ingres, jadis préalable au fondement des disciplines enseignées aux Beaux-Arts, passa du statut d’esquisse, de réflexion sur la forme, d’étude préparatoire, de notation rapide…à celui de création autonome, devenant lui-même sa propre finalité. »

Bouleversant les classifications, faisant éclater les pratiques, diversifiant les techniques et les supports, les artistes du XXème siècle se lancèrent dans des expérimentations.

Le dessin est de l’ordre de la connaissance et du souvenir, Connaissance de soi et du monde – depuis la première empreinte pariétale et ce profil tracé sur une paroi – mais aussi connaissance de l’outil au moyen duquel l’artiste exerce sa marque, sa trace, son empreinte sur le support qu’il a choisi. »[106] Selon Claude Schweisguth, documentaliste au Centre national d'art contemporain à Paris, il faut reconnaître que le travail de l’artiste n’est plus seulement dans l’achèvement de l’œuvre mais tout autant dans sa préparation, dans son projet, dans sa recherche ou son hésitation… « Le dessin est devenu une aventure à part entière : spontanéité, pur plaisir de livrer une émotion,
une sensation, un moment d’innocence et, à vrai dire de grande liberté. Le papier… permet cette mobilité, cette légèreté. Il semble que l’acte de création y soit moins intimidant qu’ailleurs. »

L’histoire nous montre que le dessin a toujours été à la base du processus créatif, qu’il soit figuratif ou abstrait.
Les artistes ont utilisé l’art du dessin pour les premiers jets, les ébauches, la spontanéité, comme un langage immédiat ou la main devance presque l’esprit (un peu comme dans l’art brut). L’art a également toujours flirté avec la représentation de l’être humain oscillant entre attirance et peur selon les croyances de l’époque. Il est à noter que l’évolution vers un art libéré des dogmes est passée par une nécessité d’aller au-delà de l’apparence et d’acquérir des savoirs qui permettent de « comprendre » (anatomie, perspective). Les artistes depuis toujours cherchent leur place dans la société entre l’art de commande et la révolte politique, entre le figuratif et l’abstrait, entre l’iconographie et les interdits religieux ou superstitieux. Peut-être cherchent-ils tout simplement à définir leur place en tant qu’être humain dans l’histoire de l’humanité et à comprendre le sens de la trace qu’ils laisseront.

Aujourd’hui « la trace de l’être humain » est partout, ne parle-t-on pas d’empreinte écologique pour qualifier l’impact de notre activité sur l’environnement. Cette trace de notre activité  effrénée se manifeste aussi par la prolifération d’images qui rythment notre vie quotidienne. Alors qu’il y a un siècle la possession d’une image (dessin, tableau) était l’apanage de la classe aisée et intellectuelle, aujourd’hui les œuvres de Van Gogh font recette calendriers et autres objets publicitaires et les photos de nos proches (et de nous-même) tournent en boucle sur des cadres numériques loin des craintes iconoclastes des siècles précédents. Qu’est-ce que cette révolution numérique a engendré dans le rapport de l’individu à l’image ? Et à l’œuvre d’art ?

La société contemporaine et le rapport à l’image :

La société d’aujourd’hui fait apparaître des paramètres nouveaux, à savoir que le rapport au visible et à l’invisible a
changé. Patrizia Faccioli (psychologue) dans son article sur « La sociologie dans la société de l’image » cite les propos de « Nicholas Mirzoeff (professeur de médias, de la culture et de la communication à l'Université de New York) sur les principales caractéristiques de la culture visuelle :
« -La tendance à visualiser des choses non visuelles à l’aide de supports technologiques. L’art sacré représentait l’invisible (la divinité), des technologies, comme le microscope et les rayons X, ont permis de regarder au-delà de la possibilité de l’œil et de rendre visible une réalité invisible mais réelle.

 - La tendance à visualiser l’existence : tout est visualisé, des modèles informatiques à la médecine, aux interfaces graphiques et aux téléphones, et jusqu’à la vie privée (voir le développement des réseaux sociaux);

 - La centralité de l’expérience visuelle : alors que dans le passé il existait des modalités et des lieux de représentation visuelle socialement définis et alors que les sujets étaient des destinataires passifs, aujourd’hui les observateurs s’approprient les images, les décontextualisent et les utilisent pour communiquer. Ainsi, quand Mona Lisa sort du Louvre et tourne autour du monde imprimée sur un tee-shirt, elle n’a plus le même sens que dans le contexte solennel du musée.[107]

C’est pourquoi il devient important de poser l’attention sur ce que les individus font avec les images.

 - La visualisation du monde : elle suppose que les images ne soient pas la réalité ni même sa représentation : la simulation, bouleverse l’idée même de réalité ».

De nombreuses études récentes portant sur les effets des médias convergent vers la notion de « réalité médiatique »,
c’est-à-dire la production d’images du monde qui entrent dans les processus subjectifs de construction de la réalité sociale. Il est donc légitime de s’interroger sur la manière dont agissent et communiquent les images, sur la construction des significations, sur la clarification des normes et des valeurs, sur la régulation des interactions, sur l’affirmation des différences et des appartenances, et enfin sur les parcours de construction des identités, et sur ce que font les individus avec les images ?

Est-il vrai que celui qui est vu (photographié, filmé, contrôlé) est toujours du côté négatif d’une relation de pouvoir[108] ? 

Et dans ce cas que signifie le désir de dessiner, quel besoin a l’individu lambda de rajouter des images à toutes celles dont nous sommes saturés ?, consiste-t-il dans le besoin de reprendre le pouvoir et de réaffirmer son identité ?, enfin comment comprendre cet engouement plus spécifiquement pour le portrait ? S’agit-il du besoin de maitriser l’image des autres ?

En fait que sont les artistes ? Des chercheurs passionnés par la découverte de nouvelles formes d’expression ?, des fous, des illuminés, esclaves de leurs pulsions et de leurs visions ?, ou tout simplement des individus à le recherche d’eux- mêmes ?

 

Publié par Véronique •   Ajouter un commentaire  0 commentaires





La parole est à vous :
Mamy Danièle
20/01/2019 15:58:53
Bonjour, Je cherche des cours de dessin pour débutant ayant déjà tenu un crayon. J'habite à Castelsarrasin donc pas loin. Ma recherche est de quelques heures par semaine. Merci pour votre réponse. Cordialement.
Véronique
30/04/2016 14:44:39
Merci Solange pour son gentil commentaire, pour Cley : il n'y a pas de problème de niveau dans l'atelier, les débutants sont les bien venus, chacun fait son chemin à son rythme. (désolée de répondre aussi tard, je n'avais pas vu le commentaire)...
cley
06/12/2015 15:41:25
Cet atelier m'intéresse vraiment mais j'ai peur d'avoir un niveau vraiment bas
solange
31/05/2015 08:24:45
Surtout n'hésitez pas vous ne serez pas déçu pour  le travail effectué,  ainsi que l'évolution dans le temps . Tout cela embaumé d' une ambiance chaleureuse.   Je regretterais les  profs et les élèves ; Bonne chance  pour les les gens de Moissac qui ne connaissent pas encore leur bonheur mais qui le connaîtrons en participant aux ateliers
Véronique
01/08/2013 16:40:14
Le travail dans l'atelier est basé sur le principe de "découverte guidée", chacun avance à son rythme et s'approprie les conseils qu'il juge utile. Nous avons plus un rôle d'accompagnateurs car chacun a un mode d'expression unique qui lui est propre et qu'il convient de faire émerger et de valoriser. Joël, venez faire un essai, vous verrez si cette méthode vous convient :)
Joël
22/07/2013 12:05:22
Je dessine vraiment depuis peu et je voudrai acquérir des conseils pratiques qui ne soient pas la lecture d'un manuel
 

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